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Pourquoi l'agriculture pour les hommes nobles et avisés?

Flavien sur le terrainOn le voit encore de loin, ce cliché du grand homme costaud et de sa femme généralement analphabète avec une houe à la main et un enfant attaché à la façon traditionnelle sur le dos. Faisant matin et soir le parcours entre chez eux et une exploitation agricole destinée majoritairement à nourrir la famille. Aujourd’hui encore malgré les effets d’annonce et l’engouement autour de ce domaine salvateur qu’est l’agriculture, de nombreux jeunes qui représentent pourtant le maillon essentiel des nations africaines et mondiales, n’ont pas pris le train en marche.

“Je suis agriculteur dans la ville de Douala au Cameroun, j’élève des poulets de chair et je cultive du piment”. Oui, je passe la majeure partie de mon temps dans les champs. Et oui, cette présentation ne semble pas autant attirer l’attention qu’autrefois lorsque je disais “Je suis ingénieur chez Bolloré au Cameroun”. Pour en venir au sujet essentiel, il faut aujourd’hui reconsidérer le niveau de besoins des jeunes actifs lorsqu’ils terminent leurs études.

A ce niveau, je vais parler du Cameroun qui est mon pays d’origine car je le maîtrise bien. Les jeunes camerounais qui vont assez loin dans leur parcours scolaire sont très souvent issus de familles à revenu moyen ou élevé. Ceci dit, au délà du métier qui les passionne, ils se doivent de conserver la régularité et la permanence du patrimoine familial. Il s’opère donc dès les premières années du cycle supérieur, une sorte de spéculation entre les parents et les frères aînés, qui essaient pour le bien de leur progéniture, de viser les secteurs d’activité porteurs sur les dix ou les vingt prochaines années. Malheureusement, l’étudiant ou le jeune ambitieux qui fait l’objet de cette réflexion n’a pas vraiment le pouvoir de décision.

A quoi est due cette tendance? La question tombe à point nommé. Car, si les parents ne se sont pas endettés pour permettre à leur enfant de poursuivre ses études, ils souhaitent vivement que ce dernier gagne assez confortablement sa vie. Si le choix ne se porte pas très souvent vers l’agriculture, c’est simplement parce que les “Success Stories” et les modèles présents autour de nous, qui ont réussi grâce à l’agriculture, ne sont pas mis en lumière. Par conséquent, les jeunes qui travaillent aujourd’hui au développement du secteur agricole sont soit des passionnés, soit des jeunes issus des zones rurales et n’ayant pas un grand niveau scolaire, mais qui pratiquent ce métier en mode subsistance, et en attendant de trouver mieux.

Mais, figurez-vous que l’homme le plus riche de l’Afrique francophone est un agriculteur (Voir Ici). Cependant, la part agriculturale du PIB camerounais, selon les données de la Banque Mondiale, est passé de 70% à 19,9% en une trentaine d’années (Voir ici). Quelle décroissance! Il en est de même du déséquilibre dans la balance des importations (Voir ici). En 2015 encore, nous importions bien plus que nous exportions. Pourtant nous avons une population jeune, des surfaces cultivables et fertiles à profusion. Ce qui signifie qu’une collaboration saine entre les parties prenantes du secteur agricole permettrait de se développer à double vitesse.

Aujourd’hui, notre agriculture a besoin d’hommes et de femmes engagés qui prennent la responsabilité d’apporter une solution à la faim dans le monde, de repousser le seuil de pauvreté, de permettre au maximum de personnes possible de s’autonomiser par la vulgarisation des métiers agropastoraux, etc. Notre agriculture a besoin de personnes expérimentées et prêtes à prendre des risques pour un meilleur devenir des populations et des communautés dans leur globalité. Enfin, notre agriculture a besoin de visionnaires qui apportent leur savoir-faire parce que le métier leur parlent, et qui sont prêts à s’engager fortement pour que l’impact de leur travail aille au délà de leurs frontières nationales et continentales.

Pour moi, il n’y a rien de plus noble que l’agriculture. Nourrir ses semblables… Ce que d’autres détruisent, nous construisons et nous les invitons à nous suivre dans ce processus collectif. Je m’engage à écrire mon nom dans l’agriculture camerounaise, africaine et mondiale. Parce que ma mission va au déjà de la vente du piment, parce que mes semblables méritent de savoir que leur santé est à la base de toutes leurs réalisations. Ils se doivent de la protéger. Et cette santé, elle réside en chacun des aliments qu’ils consomment, attentivement ou pas. En effet, le travail et la responsabilité de l’agriculteur vont au delà de la simple activité de production. Sinon, la productivité, la logistique et les moyens de distribution ne susciteraient pas d’émulation aux quatre coins du globe terrestre.

Avec le concours de nombreuses organisations internationales, associations et entités diverses, les jeunes agriculteurs des zones rurales et urbaines sont de plus en plus revigorés et envisagent d’aller plus loin. L’agrobusiness est une merveilleuse porte qui s’ouvre à nous. Nous sommes les jeunes laboureurs d’aujourd’hui, mais encore plus important, nous sommes les industriels de demain. Notre salut viendra de la qualité de notre travail collectif.

Ce blog poste fait partie des candidatures pour faire partie de la Délégation de jeunes a GCARD3. Le contenu, la structure et la grammaire de cet article sont sous la responsibilité de son auteur uniquement.